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Heure de St Martin

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SOMMAIRE-SUMMARY

dimanche 26 octobre 2014

13 octobre 2014... LA SNSM DANS LA TOURMENTE...



Récit par un des sauveteurs

Les Sauveteurs de la SNSM de Saint Martin savaient qu'une tempête arrivait sur St. Martin. 

On quitte nos maisons, nos bateaux et laissons nos familles affronter Gonzalo seul pour répondre à notre vocation de Sauveteur en mer. Sans s'être vraiment donnés rendez-vous, mais avec la conscience qu'on seraient certainement appelés ; les équipiers d'astreinte arrivent 1 par 1 à la station dans la matinée du lundi 13 octobre 2014. Vers midi nous étions 7, y compris notre Patron Jean-Claude, à « attendre » à la station ; VHF en veille et prêt à intervenir s'il fallait. Malgré le fait qu'il y ait eu une ouverture spéciale du pont de Sandy Ground à 12h00 ; ils reste beaucoup de bateaux dehors, et nous sommes inquiets ; car on sait qu'ils vont déraper. On fait des vas et vient entre la station et la vedette, en discutant avec les propriétaires dans le port, s'assurant que leurs bateaux sont bien amarrés et pour savoir si les marins restent à bord ou non durant le passage de Gonzalo.

Les équipiers de la vedette SNSM attendent que le skipper du "Voyage II" (coque sombre) fixe la remorque sur son bateau


Le vent commence à monter en puissance vers 13h00 ; nous sommes déjà en communication avec le CROSS, il y a un homme à la mer à St. Barth ; le bulletin météo annonce que nous sommes maintenant en vigilance rouge ; et on se dit que la situation ne va pas tarder à se dégrader à St. Martin aussi donc à 14h00 nous leur signalons que nous allons à bord de la SNS 129 afin de pouvoir intervenir rapidement si nécessaire.

A 15h18 nous recevons un message MAYDAY pour un homme à la mer à Grand Case. Le CROSS nous demande d'y aller. Le vent souffle alors aux alentours de 35 nœuds avec des rafales à 45 ; (conditions météo pour lesquelles les Vedettes de la SNSM sont conçues et dans lesquelles ils interviennent souvent en Métropole). 

Quelques minutes après l'appareillage le CROSS nous déroute pour porter secours à un bateau au nom de Califat qui risque de s'échouer dans la Baie de Marigot. Encore quelques minutes plus tard ils nous demandent de nous diriger d'abord vers un voilier dérapant au nom de « Voyage II » avec à son bord une femme paniquée et un bébé de quelques mois. C'est le chaos. Dès que nous sortons du port avec la SNS 129, les appels MAYDAY commencent à venir les uns après les autres. Soudainement tout le monde a besoin d'aide et veut être remorqué vers un abri. 

Nous décidons d'aller direction la plage près de la résidence  « Le Pirate »  où il semble qu'il y a le plus de voiliers en difficulté, pour « évaluer» la situation. Arrivés sur zone nous voyons le Califat très près de la plage, mais nous ne pouvons nous en approcher car l'autre bateau, le Voyage II,  est entre nous deux. 


"Voyage II" dérive vers l'immeuble "Le Pirate" et l'hôtel "Beach Plazza". Il n'y a plus rien à faire, la vedette SNSM est elle-aussi en dérive...



Nous décidons donc de sortir le bateau avec couple et bébé en premier et nous préparons une touline avec une grosse bouée pour envoyer la remorque. Un homme est à l'avant du bateau; la bouée passe à 1 mètre; mais il n'arrive pas à l'attraper avec la gaffe. On rentre la remorque et on refait une deuxième tentative. Cette fois ci, c'est bon, l'homme parvient à amarrer la touline sur son taquet. Nous lui faisons signe qu'il doit remonter la touline pour tourner la remorque directement sur son bateau. Puis... on attend... il est toujours à l'avant de son bateau, avec la remorque dans les mains.... On attend... le vent continue de monter; les rafales sont de plus en plus fortes, la visibilité se dégrade vite. On attend toujours.... Nous sommes en communication VHF avec sa femme; et on lui explique qu'ils doivent larguer leur mouillage afin qu'on puisse les remorquer. Ils bricolent pendant de longues minutes... on leur dit alors de ne plus s'occuper de l'ancre et de se protéger à l'arrière ; on les remorquera avec le tout mais il faut vraiment qu'on sorte de là ! Puis on attend encore... L'homme nous ignore... si on tire, on risque de lui arracher les mains, ou pire... on ne peut rien faire tant qu'il reste à l'avant de son bateau ! Le vent monte maintenant à plus de 55 nœuds, les vagues nous secouent, nous submergent parfois, nous ne voyons plus qu'à quelques mètres autour de nous. Les minutes nous semblent interminables (en réalité ca fait plus d'un quart d'heure que notre remorque est sur le voilier). On décide alors de couper notre remorque, tant pis, mais hélas, il est trop tard, une forte rafale nous fait culer soudainement de quelques mètres; les moteurs sont très sollicités et la remorque se prend dans nos hélices (malgré les 4 équipiers qui étaient dessus pour la surveiller). Nous perdons le moteur tribord; puis 2 secondes plus tard le bâbord... A 16h35 on avertit le CROSS que nous ne sommes plus manœuvrant pendant que deux équipiers se dirigent rapidement vers l'avant pour mouiller l'ancre, mais nous sommes à la dérive, trop près de la cote, et avec des rafales à 65 nœuds on ne peut plus rien faire... quelques secondes plus tard nous sommes au plein.



Vidéo amateur prise depuis le "Pirate"



Nous sautons à l'eau un par un. Les premiers équipiers se dirigent immédiatement vers le voilier qui vient lui aussi s'écraser sur l'enrochement de l'hôtel Beach Plaza ; ils en dégagent la femme et le bébé. L'homme ne veut pas sortir et essaye de sauver ce qu'il peut mais nous arrivons enfin à le convaincre que c'est trop dangereux et il sort aussi. Entre temps certains équipiers courent déjà vers d'autres bateaux, (palmes et bouée à la main ; au cas où il faudrait sauter à l'eau pour assister quelqu'un) venant eux aussi s'échouer sur la plage et les cailles.

Les rescapés sont recueillis dans le lobby du Beach Plaza et par des habitants du « Pirate ». Le patron et un équipier rentrent à la station pendant que les 5 autres restent sur zone. Les deux heures qui suivent, ces Sauveteurs s'affairent entre l'hôtel et le rivage, afin de porter éventuellement secours à d'autres naufragés. Nous veillons la VHF et réconfortons qui on peut mais dans la périphérie de l'œil il devient trop dangereux de sortir, et nous attendons que le pire passe, impuissants face aux éléments. 



Vidéo amateur prise depuis le "Beach Plazza"



Dès que ca se calme un peu, nous sortons et nous partons à pieds rejoindre la station de sauvetage ou plusieurs personnes avaient trouvé refuge. Sur notre route on vérifie qu'il n'y a personne coincé dans les voiliers qui sont échoués. Le reste de la nuit nous attendons à la station la levée du jour pour évaluer les dégâts sur notre vedette et les autres bateaux aux alentours. Le bilan est catastrophique; au total plus de 20 bateaux échoués, une embarcation coulée (uniquement ceux dont les personnes étaient a bord et qui avaient alertés le CROSS) et 31 personnes secourues ou assistées pendant le passage de GONZALO.


Et maintenant ?




Tous unis pour sauver les sauveteurs en mer...

Avec, en moyenne, 1 mission de sauvetage par semaine, la SNSM sécurise nos côtes pour le plus grand bénéfice de notre population, de nos marins pécheurs, de tous les professionnels de la mer …et de nos touristes.

200 000 € sont nécessaires aux réparations du bateau échoué de la SNSM, à cause de la tempête GONZALO.

Une vie humaine vaut-elle 4 000 € ? Assurément oui.

C’est en tout cas la réponse de tous les clubs services qui, pour la première fois depuis 30 ans, ont décidé d’unir leurs forces pour collecter cette somme : Island Gems, Lions Club, Rotaract, Rotary et Soroptimist.

Nous remercions tous nos concitoyens de se mobiliser, ainsi que les Entreprises qui pourraient se regrouper par branche d’activité.

Récupérez auprès de la SNSM (Front de mer – Marigot) votre sticker (autocollant) qui attestera de la qualité de votre geste citoyen ( tel SNSM : 0690 767 500 )

C’est de notre ile dont il s’agit, et nous avons déjà su, dans le passé, quand c’était vital, nous rassembler pour réussir les projets les plus importants pour notre Communauté.

A quelques semaines du début de la haute saison touristique, il serait en effet dangereux, sinon suicidaire, de n’avoir pas de sauvetage en mer.

Nous comptons sur le geste financier des généreux donateurs. Toute participation permet de reprendre espoir.

Vous pouvez aussi envoyer vos dons à ces adresses:

Envoyez vos dons sous forme de chèque à l’ordre du “Rotary-club de Saint-Martin Nord (assistance à SNSM)”,  à l’une des adresses suivantes :

  • Rotary-club de St-Martin nord, BP 1177, Marigot, 97150 St-Martin
  • Pharmacie Crespin (rue de la République, Marigot)
  • S.N.S.M. en face de la Marina Fort-Louis, à Marigot



Vocabulaire marin

VEDETTE: synonyme: Patrouilleur. Petits bateaux rapides de guerre, de surveillance ou de secours. En Anglais: "cutter" ou "lifeboat" pour une vedette comme celle de la SNSM.
VHF: bande de fréquence radio d'assez courte portée utilisée par les bateaux professionnels ou de plaisance près de terre.
TOULINE: petit cordage facile à lancer et à manipuler. La touline est raccordée à un gros cordage, amarre ou remorque difficile à manipuler.
REMORQUE: cordage solide et donc lourd et difficile à manipuler, utilisé pour remorquer.
DÉRAPER: l'ancre dérape (on dit aussi "chasse") si le fond est de mauvaise tenue et/ou si le vent et la mer sont déchaînés. Le bateau est donc en danger. Il peut s'échouer et même entraîner d'autres bateaux. "Déraper" signifie aussi lever l'ancre rapidement.
CROSS: Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage 
MAYDAY = SOS. Littéralement "jour de mai" en Anglais mais c'est en fait la transcription phonétique du Français "m'aidez" en Anglais...
NOEUD (abrégé: nd): Mille Nautique (1852 m) à l'heure. 55 noeuds=102 km/h.
GAFFE: perche généralement en aluminium munie d'un crochet au bout. Indispensable dans les manoeuvres même par beau temps.
LARGUER: lâcher, abandonner, détacher
MOUILLAGE: ancrage, bouée d'amarrage (corps-mort), lieu où les bateaux "se mouillent" ou "se mettent au mouillage". La Baie de Marigot est quasiment un mouillage "forain" (non permanent). Mouiller une ancre: "jeter l'ancre" disent les terriens.
CULER: pour le bateau, reculer involontairement en général.
TOURNER LA REMORQUE: la fixer, l'attacher au bateau.
PERDRE UN MOTEUR: moteur en panne.
CAILLES (ou Cayes): banc de sable ou récif de corail, rochers (dans les Caraïbes). Transcription phonétique de l'Anglais "Keys" ou "Cays". Le terme provient, par l'intermédiaire de l'espagnol cayo, d'un mot de la langue taïno : cáicu, cairi ou caera, signifiant « récif », « îlot », « île », « terre ». En français, ce nom féminin est principalement employé au pluriel même si son ancienne orthographe au singulier, caye, est quelquefois utilisée
SE METTRE AU PLEIN (ou "à la côte"): s'échouer, heurter un récif, faire naufrage...
TRIBORD / BÂBORD: gauche/droite.



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